Budget provincial 2025-2026 : les réactions de l’industrie

L’industrie de la construction a souligné ce qu’elle considère comme les bons et les moins bons coups du budget du ministre Girard.

Les investissements en infrastructures salués

L’Association de la construction du Québec (ACQ) salue les investissements importants en infrastructures annoncés dans le budget. L’ACQ se réjouit également des sommes prévues pour la poursuite de l’Offensive formation en construction.

 

Elle souligne par ailleurs les sommes annoncées afin de poursuivre l’Offensive de transformation numérique (OTN) et de soutenir les entreprises, notamment dans le secteur de la construction, dans leurs efforts visant à accroître leur productivité.

 

À CONSULTER
Plan québécois des infrastructures 2025-2035 : Québec veut soutenir l’économie québécoise

 

Malgré une augmentation importante du PQI, l’Association déplore cependant le manque de sommes substantielles consacrées à soutenir les municipalités dans la modernisation de leurs infrastructures souterraines pour permettre la réalisation de nouveaux projets immobiliers et répondre aux défis posés par les changements climatiques.

 

Le levier structurant des infrastructures en eau : grand absent

L'Association des professionnels de la construction et de l'habitation du Québec (APCHQ) déplore que les infrastructures municipales en eau ne soient pas considérées comme un levier structurant pour stimuler l'économie, et ce, dans un contexte de crise tarifaire.

 

L'APCHQ rappelle que le manque d'entretien de ces infrastructures freine considérablement la construction de nouvelles habitations, alors que de nombreuses municipalités peinent à obtenir les ressources nécessaires pour mettre à niveau leurs équipements.

 

L’Association tient tout de même à souligner les quelques mesures en matière de logement et de construction, notamment pour augmenter l'offre de logements sociaux et communautaires et l’investissement de 40 M$ dans l'Offensive de formation en construction. Elle les juge néanmoins insuffisantes pour rétablir l'abordabilité au Québec, nécessitant la construction de 1,2 million de logements d'ici 2030.  

 

Inquiétudes quant à l'augmentation du déficit de maintien des actifs

L'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) s'inquiète de voir le déficit de maintien des actifs (DMA) du Québec passer de 37,1 à 40,2 G$, tout en reconnaissant les investissements importants faits par le Gouvernement du Québec en matière d'infrastructures.

 

L'OIQ salue cependant l'augmentation des investissements et le fait que 65 % des dépenses inscrites au Plan québécois des infrastructures seront désormais consacrées au maintien en état, une augmentation par rapport à l'an dernier.

 

L'OIQ déplore toutefois l'absence de mesures fortes pour favoriser la croissance de la main-d'œuvre hautement qualifiée. D'ici à 2033, l’Ordre estime que le Québec aura besoin d'au moins 52 000 nouveaux professionnels du génie pour relever les défis auquel il devra faire face.

 

L'industrie du génie-conseil applaudit les investissements en infrastructures

L'Association des firmes de génie-conseil du Québec (AFG) applaudit la décision du gouvernement d'investir dans les infrastructures comme solution face à l'incertitude économique actuelle.

 

« Les investissements dans les infrastructures vont permettre de stimuler l'économie, en plus d'éviter une augmentation des coûts dans le futur en raison d'un manque d'entretien », a affirmé Bernard Bigras, président-directeur général de l'AFG.

 

De modestes avancées quant au déficit de maintien des actifs

L'Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ) note que le secteur routier obtient une part supplémentaire de 3,4 G$, portant le total à 35,8 G$, avec une grande considération pour les régions.

 

Toutefois, bien que le gouvernement projette une prise en charge du DMA routier à hauteur de 34 % sur 10 ans, il s’agit d’un recul de 10 % par rapport à la projection de l'an dernier, notamment à cause de considérations économiques.

 

Par ailleurs, l’Association constate que malgré les mesures des années précédentes, le gouvernement n'est pas parvenu à améliorer le DMA. L'an dernier, 57 % des ouvrages de génie civil étaient estimés en bon état. La situation n’a guère évolué cette année; le DMA spécifique aux chaussées a même connu une décroissance de 1 %.

 

Sources : ACQ, APCHQ, OIQ, AFG et ACRGTQ