Montérégie : portrait d’une région en plein développement

31 mai 2021
Par Mathieu Ste-Marie

Située tout près de Montréal et de l’Estrie, à l’est des frontières ontariennes et au nord des frontières américaines, la Montérégie jouit d’une situation géographique attrayante pour les entrepreneurs qui sont nombreux à avoir choisi la région comme terre d’accueil.

Sur l’ensemble de son vaste territoire de 11 852 kilomètres carrés (km2), la Montérégie, qui doit son nom à ses six collines, est parsemée de lacs, de rivières et de vallées. Cette région est bordée par le fleuve Saint-Laurent et traversée par les autoroutes 10, 20, 30 et 40 d’est en ouest et les autoroutes 15 et 35 du nord au sud, offrant de belles occasions d’affaires aux entreprises qui s’installent à proximité de ces grands axes routiers. Son réseau routier compte d’ailleurs parmi les plus développés au Québec.

 

La région, comptant quinze municipalités régionales de comté (MRC), est surtout caractérisée par sa zone agricole qui couvre 953 402 hectares, soit environ 86 pour cent (%) de son territoire. À lui seul, celui-ci abrite le quart des terres en culture de la province.

 

Michel Rochefort, professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM.. Photo : Gracieuseté

 

« Le rural est très fort en Montérégie. Ce sont les meilleures terres du Québec, les plus fertiles, les plus ensoleillées et les moins froides », affirme Michel Rochefort, professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM. Ce n’est pas pour rien que la Montérégie est reconnue pour être le « garde-manger du Québec ». Sur les 722 700 emplois qui y sont disponibles, 82 200, soit 11 %, sont attribuables à l’industrie bioalimentaire.

 

Si la région demeure fortement agricole, elle possède néanmoins un caractère urbain affirmé avec un secteur commercial développé et une industrie manufacturière dynamique dans laquelle évoluent notamment des entreprises des secteurs de la logistique, du transport et de la distribution, de l’aérospatial, des produits métalliques, de la machinerie ainsi que de la biotechnologie.

 

Championne en construction industrielle

La Montérégie se démarque aussi par le développement de son secteur industriel. Elle compte parmi les régions québécoises ayant délivré le plus de permis de bâtir pour ce type d’installations. Selon Statistique Canada, cette région se classait effectivement, en 2019, parmi les trois premières régions au Québec, tout type de construction confondu, et s’est hissée cette même année au premier rang pour les constructions industrielles, surpassant de loin toutes les autres régions.

 

La Montérégie se démarque par l’importance de son secteur industriel. Photo : Gracieuseté

 

De nombreux projets récemment réalisés ou à prévoir témoignent du dynamisme du secteur industriel en Montérégie, tels que le centre de distribution de Costco à Varennes, l’usine de Molson Coors à Longueuil et l’usine Babybel à Sorel-Tracy. Sans oublier que les zones industrialo-portuaires à Contrecoeur, à Varennes et à Salaberry-de-Valleyfield seront prochainement établies aux abords du fleuve, confirmant ainsi le statut de la région comme plaque tournante en matière de transport de marchandises.

 

Une autre preuve de son dynamisme économique : selon des données du ministère de l’Économie et de l’Innovation, l’investissement privé a augmenté en moyenne de 5,1 % par année entre 2014 et 2018 par rapport à un gain annuel moyen de 0,03 % au Québec.

 

Une population en forte croissance

Ces nombreux investissements financiers ont permis à la Montérégie d’avoir un faible taux de chômage ainsi qu’un fort taux de croissance sur le plan de l’emploi et de la démographie ces dernières années. De 2016 à 2021, sa population devrait croitre de 4,7 %, alors que celle de la province devrait enregistrer globalement une croissance de 3,8 %, selon l’Institut de la statistique du Québec. Cette situation ne date pas d’hier, car depuis plus de 30 ans, la Montérégie enregistre l’une des plus fortes croissances démographiques au Québec.

 

Selon Michel Rochefort, Montréal possède une influence considérable sur la démographie de la région : « Sa croissance s’explique en partie par celle de Montréal, puisque cette ville attire des personnes qui s’installent par la suite dans sa périphérie. Par exemple, plusieurs viennent étudier à Montréal et s’établissent ensuite en Montérégie pour y travailler. Cette région est très dépendante de la dynamique de la métropole ».

 

La Montérégie n’attire pas seulement les gens par ses emplois, mais également par sa qualité de vie et ses milieux urbains et ruraux qui plaisent autant aux adeptes de plein air qu’aux personnes à la recherche de l’effervescence d’une ville. « De plus, c’est une région qui s’en sort assez bien sur le plan du trafic automobile si on la compare à Laval et aux Laurentides », observe le professeur de l’UQAM.

 

Ces dernières années, le paysage de la région s’est d’ailleurs transformé avec le développement de nouveaux quartiers résidentiels et commerciaux près des grands axes routiers. Parmi ceux-ci, on compte le Solar Uniquartier à Brossard et le Square Candiac. D’une valeur de 1,3 milliard de dollars, le premier projet se présente comme le « nouveau centre-ville de la Rive-Sud » et aura un accès direct à une future station du Réseau électrique métropolitain (REM).

 

Des prévisions pour la région

Selon Michel Rochefort, la Montérégie poursuivra sa forte croissance économique dans les prochaines années. D’ailleurs, en 2020, des promoteurs ont confirmé la construction du pôle commercial de la Cité 3000 et de l’agrandissement du Port de Montréal à Contrecoeur. De plus, Devimco immobilier a annoncé la construction de 1 200 unités de logement dans le centre-ville de Longueuil. Ce dernier projet, évalué à 500 millions de dollars, sera de type TOD (Transit Oriented Development). Ces projets annoncent beaucoup de mouvement dans le secteur de la construction au cours des années à venir.

 

Pour Michel Rochefort, les développements résidentiels et commerciaux à venir soulèveront néanmoins quelques enjeux aux municipalités et aux entrepreneurs quant à la revitalisation des quartiers : « Une bonne partie de la Montérégie s’est construite dans les années 60 et 70. Les quartiers résidentiels ne correspondent donc plus nécessairement au marché et aux besoins actuels. Nous sommes présentement portés à construire du neuf, mais il va bientôt falloir réfléchir à ce que l’on fait avec les anciens quartiers », explique le professeur, ajoutant qu’il faudra construire en ayant désormais une approche axée sur le développement durable. Plusieurs secteurs urbains devront donc être repensés et réaménagés.

 

La Montérégie devra faire face à un autre enjeu dans son développement, croit le professeur : maintenir son attractivité sans dénaturer l’identité du lieu. Car son recul face au tumulte qui caractérise la métropole confère un charme à cette région de plus en plus préférée par les citadins pour s’y installer. L’aménagement qu’on fera de ce territoire définira donc les prochaines lignes de l’histoire de cette région riche en opportunités.

 

PORTRAIT DEMOGRAPHIQUE
  • Population totale : 1 603 232 habitants
  • 0-19 ans : 21,8 %
  • 20-64 : 58,6 %
  • 65 ans et plus : 19,6 %
  • Solde migratoire interrégional : 10 600 habitants
  • Taux d’emploi : 60,1 %
  • Taux de chômage : 6,5 %
  • Salaire horaire moyen : 28,10 $

Source : Institut de la statistique du Québec

 


Cet article est tiré du Dossier régional – Montérégie 2021, accessible gratuitement ici.
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