Face aux difficultés de recrutement dans l’industrie de la construction au Québec, jobxco propose de rapprocher travailleurs et employeurs grâce à la technologie.
Lancée le 15 avril, la plateforme jobxco a été créée par trois amis œuvrant dans le milieu de la construction : Vincent Drapeau, Samuel G. Labelle et Marie-Eve Bilodeau.
Les premières démarches pour développer jobxco remontent à la fin de 2025. « Mes deux amis ont une entreprise en construction. Dans des partys, on entendait souvent dans les discussions : nous avons besoin de main-d’œuvre. Nous nous sommes demandé comment nous pouvions résoudre ce problème », explique Marie-Eve Bilodeau, cofondatrice de jobxco.
Les difficultés de recrutement en augmentation
Deux fois par année, la Commission de la construction du Québec (CCQ) sonde les employeurs du milieu de la construction. Au printemps 2025, alors que 77 % des répondants estimaient un volume de travail égal ou supérieur à celui des 12 derniers mois, les difficultés de recrutement ont augmenté, 58 % des répondants ayant vécu cette réalité, contre 53 % à l’automne 2024, selon le plus récent sondage de la CCQ, publié en août 2025, qui comptait un peu plus de 1 100 répondants.
C’est une réalité qui a été vécue par les deux autres cofondateurs, M. Drapeau et M. Labelle, notamment pour l’embauche d’électriciens. « Sur des plateformes d’emploi plus traditionnelles, il est courant de recevoir des candidatures de personnes qui n’ont pas les compétences pour travailler dans le milieu », poursuit-elle.
Marie-Eve Bilodeau évoque également les difficultés à trouver des candidats potentiels sur les réseaux sociaux, comme Facebook. « Le problème avec Facebook, c’est qu’il y a tellement de publications qu’à un moment donné, la tienne finit par se noyer », raconte-t-elle.
Centris comme inspiration
La plateforme jobxco vise donc à faciliter la recherche d’emploi pour les travailleurs et la recherche de candidats pour les employeurs, grâce à la géolocalisation. « Nous nous sommes inspirés de l’aspect visuel de la plateforme Centris, qui permet de voir les propriétés sur une carte et à proximité. Nous nous sommes dit : pourquoi ne pas faire ça avec des chantiers ? »
Sur le site de l’initiative, une carte affiche les chantiers en cours, dont les données sont ajoutées par les entreprises qui recrutent. Chaque projet indique le type de métier recherché, le nombre de postes à pourvoir et s’il s’agit d’un quart de jour ou de nuit. « Pour les employeurs, cela donne de la visibilité à leurs projets. Pour les travailleurs, cela leur indique les projets à proximité », détaille la cofondatrice.
Pour utiliser la plateforme, les employeurs et les candidats doivent s’y inscrire. Et c’est gratuit pour ces derniers. « Ce sont les mêmes données qui sont utilisées dans n’importe quelle plateforme de recherche d’emploi, comme les emplois antérieurs avec des dates, vos coordonnées. Vous pouvez aussi télécharger votre CV », illustre Marie-Eve Bilodeau.
Possibilités d’expansion
L’équipe a débuté la sollicitation auprès des entrepreneurs plus tôt ce printemps. D’ici la fin de l’année, elle vise 200 entreprises et près de 1 000 chantiers actifs sur la plateforme. « Nous sommes actuellement dans le processus d’ajout de chantiers », souligne-t-elle.
Dans cinq ans, les trois cofondateurs souhaiteraient ouvrir leur plateforme au reste du Canada. « Nous commençons par le Québec. Nous voulons nous assurer que cela fonctionne bien ici. Chaque province a ses spécificités pour son marché et ses syndicats. Nous espérons changer la manière dont les travailleurs et les employeurs cherchent et publient leurs offres d’emploi », conclut Mme Bilodeau.

