Issue d’une collaboration entre le CSS Marie-Victorin et l’Université du Québec à Montréal (UQAM), une nouvelle école primaire de Brossard, en chantier depuis le printemps 2024, aura une mission distinctive : agir comme milieu d’expérimentation au service de la recherche universitaire.
L’établissement, qui sera situé entre la rue de Châteauneuf et le boulevard du Quartier, ouvrira ses portes à l’automne 2026. Le projet représente un investissement de 45,2 millions de dollars. « Cette école vise à répondre aux demandes croissantes de places-élèves dans un secteur en développement », mentionne Andrée Castegnier, architecte coordonnatrice au Centre de services scolaire (CSS) Marie-Victorin.
L’école, qui comportera trois étages, accueillera au rez-de-chaussée (RDC) huit locaux pour les maternelles quatre ans et cinq ans. Aux étages, 24 classes seront aménagées pour le primaire, ainsi que la bibliothèque.
Quant à l’architecture de l’établissement, elle sera caractérisée par des éléments ludiques, avec un clin d’œil à la nature, notamment du mobilier en bois et l’utilisation d’une palette de couleurs naturelles. « Dans le gymnase, nous avons créé un effet de montagne sur les murs avec de la peinture. Sinon, il y a un autre espace où une vague est dessinée sur les murs », illustre Mme Castegnier.
Un autre trait distinctif est l’escalier en colimaçon : « Il sera ouvert sur deux étages. Ça va être un espace lumineux et aéré. »
Puisque le terrain a été cédé par la Ville, plusieurs espaces au RDC, comme le gymnase double, une salle polyvalente avec une scène, une cuisine et des toilettes, seront accessibles au public. « Ça fait partie du processus de travail conjoint entre la Ville et le CSS. C’est vraiment une volonté de redonner à la population. Et c’est aussi important d’offrir cet accès dans la projection du futur parc », explique Mme Castegnier.
Laboratoire
Le partenariat entre la Faculté des sciences de l’UQAM et le CSS Marie-Victorin a été annoncé le 13 janvier dernier. Cette entente, qui n’influencera pas l’aménagement de l’école, permettra de mettre des espaces à la disposition de la communauté universitaire à des fins de recherche et d’apprentissage, afin de rapprocher les milieux de la recherche et de la pratique. Des cours pour les étudiants de l’UQAM pourront même être donnés dans des locaux inutilisés.
« Dans le secteur administratif de l’école, nous avons aménagé une salle de rencontre pour les étudiants universitaires. La cafétéria pourrait même être utilisée pour des rencontres entre professeurs et étudiants lors des heures de classe », mentionne l’architecte.
Les effets de l’architecture scolaire sur la pédagogie et les pratiques d’enseignement pourraient être des thématiques explorées dans le cadre de ce partenariat, mais elles restaient à déterminer au moment d’écrire ces lignes. Les membres du personnel de l'école pourront même collaborer à des projets, tout en étant accompagnés par les chercheurs de l'UQAM. « L’idée derrière ce partenariat, c’est de solidifier les liens entre la communauté universitaire et l’école pour être capables d’imaginer l’école de demain. Ce sont les préoccupations du milieu qui pourront inspirer les projets de recherche », explique Annie Dubeau, doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM.
Il s’agit d’ailleurs de la deuxième école au Québec à bénéficier d’une collaboration universitaire, la première étant l’école primaire des Pionniers, à Terrebonne. Inauguré en 2017, cet établissement du CSS des Affluents s’est associé au Département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). « Dans les prochaines semaines, nous aurons des rencontres avec le CSS Marie-Victorin pour connaître leurs priorités. Nous aurons aussi un comité de coordination, où seront invités des représentants du CSS des Affluents et de l’UQTR pour comprendre leur expérience », ajoute-t-elle.
D’autres CSS auraient montré leur intérêt à développer un partenariat universitaire, « mais nous ne pouvons pas les nommer actuellement », précise Mme Dubeau.
Impact environnemental
L’école de Brossard intégrera quelques stratégies durables, sans viser une certification environnementale. « Nous n’allons pas utiliser la géothermie puisque, à la suite de l’analyse de nos sols, nous avons déterminé que ce ne serait pas performant. La particularité du projet se situe au niveau de la récupération de la chaleur, qui se fera en utilisant l’aérothermie », souligne Andrée Castegnier.
Le choix de matériaux durables fait également partie des mesures adoptées. « Nous allons utiliser du bois ainsi que des matériaux recyclés, autant pour les finis intérieurs qu’extérieurs », détaille-t-elle.
Pour la gestion des eaux pluviales, des bassins de rétention, ouverts et végétalisés, ainsi qu’une surface perméable dans la cour d’école, seront aménagés. Par ailleurs, pour diminuer les îlots de chaleur, la toiture sera dotée d’une membrane blanche. Du verre triple sera aussi intégré aux fenêtres afin d’assurer la performance de l’enveloppe. Finalement, l’air sera renouvelé et la luminosité naturelle sera optimisée.
- Architecture : UN Architecture
- Ingénierie électromécanique : BPA
- Ingénierie structure et civil : Stantec
- Architecture du paysage : Version Paysage
- Entrepreneur principal : Le groupe CIBS

