Une nouvelle cité aéroportuaire redessine l’aviation en Afrique

2 février 2026
Par Anthony St-Pierre

Le nouvel aéroport international de Bishoftu (BIA) deviendra un pôle de transport et de développement urbain majeur, combinant infrastructures aéroportuaires, bâtiments à usages mixtes et parcs publics.

Situé à environ 40 kilomètres au sud d’Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, un chantier d’envergure a récemment pris son envol pour laisser place au plus grand aéroport d’Afrique. À terme, il sera relié au centre-ville d’Addis-Abeba ainsi qu’à l’actuel aéroport international de Bole par une liaison ferroviaire à grande vitesse, et est destiné à jouer un rôle central au sein d’un réseau de transport régional élargi.

 

Concevoir le carrefour aérien de demain

La première phase du projet prévoit une capacité de 60 millions de passagers par année. Les phases subséquentes devraient porter cette capacité jusqu’à 110 millions de passagers annuellement, grâce à quatre pistes et à des aires de stationnement pouvant accueillir 270 aéronefs, soit plus de quatre fois la capacité de l’aéroport principal actuel de l’Éthiopie.

 

Conçu pour permettre des opérations 24 heures sur 24 sans couvre-feu, le BIA et sa Cité aéroportuaire intégrée, comprenant des bâtiments à usages mixtes, devraient desservir une population locale d’environ 80 000 personnes. Le site aéroportuaire est situé près de 400 mètres plus bas que l’aéroport existant d’Addis-Abeba, ce qui permet l’aménagement de pistes plus longues, destinées à améliorer les performances des aéronefs et à autoriser des masses maximales au décollage plus élevées, favorisant ainsi des liaisons sans escale plus longues avec une capacité accrue de passagers et de fret.

 

Le projet a été conçu par Zaha Hadid Architects afin de répondre à la demande anticipée de passagers et aux exigences opérationnelles d’Ethiopian Airlines, le plus important transporteur aérien en Afrique, notamment en ce qui concerne son rôle de plateforme de correspondance. Alors que jusqu’à 80 % des passagers devraient transiter entre destinations sans quitter l’aéroport, l’aménagement du terminal privilégie des correspondances efficaces.

 

Le bâtiment intègre des services destinés aux passagers en transit, dont un hôtel côté piste de 350 chambres, des espaces de restauration et de divertissement, ainsi que des jardins et des cours extérieurs.

 

Des matériaux privilégiant l’approvisionnement local

Situé dans le climat tempéré subtropical de haute altitude de la région d’Oromia, le terminal passagers est conçu pour être ventilé naturellement et intégrer des dispositifs solaires d’ombrage. Des espaces semi-fermés et des zones extérieures permettent de tirer parti des étés chauds et des hivers doux de la région.

 

L’aménagement paysager prévoit l’intégration de plantes indigènes résistantes à la sécheresse ainsi que la relocalisation d’arbres existants, avec des parcs publics côté ville destinés aux résidents locaux et des jardins côté piste pour les passagers. Les matériaux intérieurs et les palettes de couleurs des jetées du terminal ont été choisis pour faire écho à la diversité des régions éthiopiennes.

 

S’inspirant de la Vallée du Grand Rift, qui passe à proximité de Bishoftu, une colonne vertébrale de circulation centrale relie les installations du terminal aux jetées d’embarquement, réduisant les distances de transfert et facilitant l’orientation intuitive des passagers en correspondance.

 

L’aéroport sera réalisé en plusieurs phases. La première phase, dont l’ouverture est prévue en 2030, comprendra deux pistes parallèles Code 4E pouvant fonctionner de manière indépendante ainsi qu’un terminal de 660 000 m². La construction fera appel à des méthodes de fabrication et d’assemblage modulaires, afin d’assurer flexibilité et efficacité.

 

Les approvisionnements privilégieront le béton, les granulats et l’acier produits ou recyclés localement à Bishoftu. Les eaux pluviales recueillies sur les pistes, les voies de circulation, les aires de trafic et les toitures des bâtiments seront acheminées vers des zones humides créées à cet effet et des fossés végétalisés pour le stockage et la réutilisation, tandis que des installations photovoltaïques sont prévues pour soutenir la production d’énergie sur le site.